Présidente d'Honneur
SAR la Princesse Lalla Meryem

Quelques Données

Les cancers de l’enfant sont rares ; ils représentent 1 à 3% de l’ensemble des cancers. Les garçons sont plus touchés que les filles. Ils ne sont pas contagieux et exceptionnellement héréditaires. Dans la grande majorité des cas, il n’y a pas de cause ; cependant, on reconnait des facteurs favorisants essentiellement génétiques, comme la trisomie 21 ou certains déficits immunitaires primitifs. Leur présentation clinique est souvent spectaculaire, et leur localisation très différente de celle de l’adulte : les leucémies (ou cancers du sang) et les lymphomes (ou cancers des ganglions) constituent 50% des cancers de l’enfant, tandis que l’ensemble des tumeurs solides (cerveau, rein, os, muscle, œil, etc) constituent les autres 50%.

Signes d'appel

Les signes d’appel sont souvent d’allure banale, mais leur apparition récente, leur persistance avec aggravation, l’absence de cause évidente, doit alarmer. En l’absence de traitement, leur évolution est rapidement fatale, mais leur sensibilité aux traitements anticancéreux est très grande. Avec les progrès thérapeutiques, 4 enfants sur 5 guérissent et rejoignent la cohorte des enfants du même âge avec les mêmes potentialités. La communauté internationale estime que l’incidence annuelle des cancers de l’enfant est de 1 nouveau cas sur 10000 enfants de moins de 15 ans et que seuls 20% des malades dans le monde ont accès à des soins adéquats.

Signes

La leucémie est un cancer de la moelle osseuse, tissu de notre corps qui fabrique les éléments du sang ou cellules sanguines. Les leucémies représentent le 1/3 des cancers de l’enfant et survient le plus souvent entre 2 et 10 ans, le garçon étant plus souvent atteint que la fille. Il existe plusieurs sortes de leucémies, la plus fréquente étant la leucémie aigue lymphoblastique. Les signes d’appel sont la fatigue, l’essoufflement, la pâleur et la fièvre, mais aussi des taches bleu violacé sur la peau, des saignements de la bouche, une augmentation du volume des ganglions (boules) dans le cou, les aisselles et les plis des cuisses. Ces signes peuvent se voir dans beaucoup de maladies bénignes de l’enfant, mais doivent pousser les parents à consulter un médecin (celui qui connait le mieux l’enfant). La confirmation du diagnostic se fait par une analyse simple du sang et une analyse de la moelle osseuse.

Prise en charge

La prise en charge d’un enfant atteint de leucémie ou d’un autre cancer doit toujours se faire dans un centre spécialisé et par une équipe polyvalente. Le traitement de la leucémie fait toujours appel à la Chimiothérapie selon des protocoles très précis qui varient selon le type et la gravité de la maladie ; la durée du traitement est en moyenne de 2 ans et comporte plusieurs phases. L’évolution chez l’enfant est souvent bonne (80% de guérison dans les pays développés). Cependant, il faut surveiller le malade très longtemps, pour détecter une toxicité immédiate ou tardive des médicaments, une rechute ou une deuxième tumeur.

Les débuts

Dans les années 1980, ont été créées deux unités d’hémato-oncologie pédiatrique, l’une à l’Hôpital du 20 Août de Casablanca, l’autre à l’Hôpital d’Enfants de Rabat. Parallèlement, deux associations de parents et d’amis, Agir à Casablanca et l’Avenir à Rabat sont nées afin d’accompagner et de soutenir le développement médical et social de ces deux unités. Dans les années 1990, une troisième unité à l’Hôpital d’Enfants de Casablanca et une association, Noujoum, ont vu le jour.

Chacune des 3 unités a su développer autour d’elle un réseau de médecins correspondants de proximité chargés de participer à la surveillance et traitement des enfants. De plus, elles ont appris à travailler avec des services de chirurgie pédiatrique, de soins intensifs, de laboratoires d’anatomie pathologique et de biologie, de radiologie, de radiothérapie, de transfusion sanguine, ainsi que d’autres services de pédiatrie ou de spécialités.

Aujourd'hui

En 2005, l’Association Lalla Salma de lutte contre le Cancer (ALSC) est venue avec bonheur renforcer la lutte contre le cancer en général et le cancer de l’enfant en particulier, aussi bien sur le plan médical que social.
En 2008 et 2010, 2 unités d’hémato-oncologie pédiatriques ont été aménagées à Fès et à Marrakech.
Actuellement, les Registres du Cancer de Casablanca et de Rabat estiment à 1200 nouveaux cas par an chez les enfants et adolescents. En 2012, seuls 800 parmi eux sont diagnostiqués et soignés dans l’une des unités spécialisées de Rabat, Casablanca, Marrakech et Fès.
Le PNPCC 2010 – 2019, à l’initiative de l’ALSC, prévoit la construction de centres d’hémato-oncologie pédiatrique dans toutes les villes où se trouve un CHU, ainsi que le développement de certaines programmes comme la greffe de moelle osseuse et les soins palliatifs.

Quelques chiffres

Depuis sa création en 1982 et jusqu'en 2012, l’Unité, devenue le Service d’Hémato-Oncologie Pédiatrique de l'Hôpital d'Enfants de Rabat, a accueilli 10426 nouveaux malades (59 en 1983, 420 en 2003 et 350 en 2012).
Le pool de malades actifs est passé de 1970 en 2000 à 5300 en 2012.
Les malades proviennent de toutes les régions du Maroc avec une prédominance de la moitié Nord. La plupart des malades sont indigents (63%), cependant, ceux bénéficiant de la CNOPS (23%), de la CNSS (7%), ou d'une assurance privée (5%) ont augmenté par rapport aux 20 premières années de l’unité.

Répartition des cancers

Les malades reçus dans l'unité ont surtout des Leucémies et des Lymphomes pour la pathologie cancéreuse et des maladies constitutionnelles du sang (hémophilie, thalassémies, drépanocytose) par la pathologie non cancéreuse. La répartition des cancers a varié avec le temps, avec diminution des lymphomes et augmentation des leucémies et des tumeurs du Système Nerveux Central (SNC).

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